Mardi 02 Mars 2010
Contes Binaires Du Temps Qui Passe
Il était zéro et une fois, un jeune guerrier Gguik qui n’attendait que le moment propice pour prouver sa valeur. Répondant au nom de Franook, ce personnage de belle taille, élancé et remarquablement doué lorsqu’il s’agissait de glisser sur de la neige avec des bâtons plats aux pieds, avait un œil vert et un marron, la chevelure foncée mais longue et un large sourire qui lui fendait le visage en tout temps. Comme tous les Gguik, son identité hésitait encore entre l’homme et la femme, ce détail étant généralement inutile au vu de leur mode de reproduction. Il était donc un être mais un être avec de grandes aspirations qu’il souhaitait accomplir avec le plus de panache possible, sans perdre de vue son objectif suprême qui était de prendre contrôle du monde.


Lorsqu’il atteint l’âge respectable de 19 printemps ou hivers, il sentit que le temps était venu. Les fleurs étaient en bourgeon et la neige couvrait encore le sol, mais les trilles des oiseaux revenus annonçaient la période faste et luxuriante. Après avoir préparé son maigre paquetage, Franook se dirigea vers l’étable où l’attendait l’unique cheval de la maisonnée, Klaviez. Ce dernier avait été récalcitrant tout l’hiver et se reposait maintenant, un sabot en l’air, comme averti par un sixième sens chevalin de la longue épreuve qu’il l’attendait. Franook devait d’abord convaincre ce noble quadripède de bien vouloir l’accompagner. Les Gguik avaient développé une technique de communication avec leur monture qui consistait à tapoter délicatement les doigts sur certains points particulièrement sensibles du corps de leur cheval. Après moult années de travail, Franook était maintenant tout à fait capable d’avoir une conversation avec un cheval, qu’elle soit badine ou concernant le sens de la vie des amphibiens tripodes. Cependant Klaviez n’avait qu’une confiance modérée en Franook, le considérant principalement pour ce qu’il était : un jeune ambitieux sans expérience. Ce que Klaviez ignorait c’est que Franook se targuait d’avoir le talent des mots, et malgré son inexpérience, son raisonnement méthodique et logique et le plaisir malin qu’il prenait à user de mots compliqués ou peu usités en faisaient généralement un bon orateur qui savait à la fois convaincre et persuader. Klaviez fut bientôt tout acquis à sa cause. Ce dernier fit donc ses adieux à sa mère, qui se souvenait de tout, et à son frère, qui avait un sens de l’humour déplorable.

En s’élançant sur la route qui menait à Yaronet, la grande ville la plus proche, Franook se prenait à rêver de raconter ses épopées à ses amis, tout en leur offrant d’incisives et percutantes observations des cultures et des peuples qu’il serait sûrement amené à rencontrer. Sa quête s’annonçait plutôt bien, le soleil brillait, Klaviez avançait d’un pas guilleret, et les chansons que Franook fredonnait, recevaient dans l’ensemble un accueil plutôt favorable des paysans qui fauchaient les blés sur le bord de la route poussiéreuse, et des quelques rencontres et éphémères compagnons de voyage.

Mais la route qui menait à Yaronet était longue. La joyeuse saison des rires et des chants passa. Les chansons de Franook ne lui venaient plus aux lèvres aussi facilement. Il comprit que la grande épreuve arrivait. La robe de Klaviez perdait de son soyeux et de sa couleur par endroits. Et la communication entre Klaviez et Franook se faisait plus difficilement, comme si certains points ne réagissaient plus aussi bien au toucher qu’avant. Parfois Franook menait sa monture à la rivière bien qu'elle ne voulait point boire. Parfois Klaviez illustrait au détriment de Franook, la pensée de l'ancètre Gguik Ianfleming : ""Un cheval est dangereux à chaque bout et inconfortable au milieu." Franook était sur le point d’abandonner sa quête. Il s’abrita dans une grange sur le bord de la route, se creusa une niche dans la paille et la toile, et s’y roula en boule, plongé dans d’amères méditations sur la difficulté de finir ce qu’on entreprend, que la route est longue et la pente est forte et que cette odeur de paille était pas si désagréable.

Soudain on frappa à la porte. L’intrus semblait paniqué. C’était un jeune Gguik de l’Ouest qui avait entendu parler des chansons de Franook et qui était venu le trouver pour lui proposer l’épreuve qui prouverait enfin sa valeur. Un terrible monstre sévissait sur la route de Yaronet. Il était tapi dans les buissons qui bordaient la route, ou camouflé parmi les branchages qui jonchaient les roches et les falaises. Lorsqu’ un malheureux voyageur se présentait, le monstre s’en emparait et l’imprudent disparaissait à jamais. L’impitoyable Chronophagus, puisque c’était son nom, n’épargnait personne et rares étaient les Gguik qui avaient réussi à s’échapper de son antre.
Franook enfourcha sa monture et tira de sa tunique son arme. Un stylet si affuté que sa piqûre était souvent létale. Ce stylet était le cadeau d’adieu de sa mère qui lui avait rappelé l’ancienne sagesse Gguik : « Le stylet est plus puissant que l’épée, et considérablement plus facile à manier ». En rassemblant son courage, Franook enfourcha Klaviez et s’aventura sur la route poudreuse. Il franchit bientôt les deux arbres torturés qui annonçaient l’entrée du territoire de chasse de Chronophagus. Le brouillard s’intensifiait rapidement et Franook sentit une langueur s’emparer de lui. A quoi bon cette quête ? Pourquoi ne pas retourner dans le confort tiède et facile de la grange, ou auprès de l’attention toute acquise de son village ? Mais le cliquettement régulier des sabots de Klaviez sur les pierres qui affleuraient le rappelait à la réalité. Soudain le monstre lui fit face. Entouré de fumée, il se dressait tel un immense mur face à Franook. Cependant tout était silencieux. Pas de hurlement. Pas de rugissement. Pas de mugissement. La clameur du silence était la seule ambassadrice du monstre. Le découragement commença à poindre chez notre héros. La carapace de Chronophagus se composait d'objets, tous plus hétéroclites les uns que les autres. Membres d’animaux, peaux humaines, plaques de métal qui semblaient d’anciennes armures ou de zinc de bar démantelés. Mais le trait le plus étrange de ce bizarre assemblement était son homogénéité. Il s’agençait de telle sorte qu’aucun angle d’attaque n’était possible pour Franook. Comment vaincre une telle créature puisqu’elle ne montrait aucune faille ?

To be Continued…

A l’heure où ces mots sont écrits, Franook semble être toujours aux prises avec Chronophagus. Cependant en tant que narrateur, il me semble de mon devoir de vous informer qu’un second monstre sévit dans la région. La plupart le nomme Procrastinor.
( Je vous laisse j’ai une « book review » à faire… pour hier.)

Posté à
17:16
 par Ad Augusta -

5. the Fool on the Hill à 22:02 03/03/2010 -
Mais que va-t il se passer ? ("mais que se passe t il ? Oh mais qu est qui se passe?" chut c'est pour l'exportation)

On veux la suite!! Franook va t'il finalement défaire le monstre et réussir a

à trouver les chemins des tavernes ou les âmes en peine s'egarent de Yaronet ? devra t'il demander de l'aide a Roger l'aubergiste ?

La vie palpitante d'un fier barbare aguerri qui va sans remord et sans peur contre son destin implacable! (il était grand il était beau il sentais bon le sable chaud aussi)



descendre aux cendres

a+ =)

4. Per Angusta à 22:53 02/03/2010 -
En même temps, quand la fac arrive à nous faire enchainer 8h de cours dans le même amphi, qu'on nous demande pas d'être créatif le soir venu...

Mais promis, ça va revenir !

3. Ad Augusta à 21:57 02/03/2010 -
Et pour tous ceux qui n'avaient pas suivi, ce post présente les plates excuses de Per Angusta et de moi même pour avoir laisser, ces derniers temps,notre blog en friche. Que dis-je en friche? Ce fut une jachère... ;)

2. Ad Augusta à 21:53 02/03/2010 -
Merci pour avoir pointé la faute et pour le fou rire à l'idée de voir Franook chevaucher un oursin... ( je corrige ça de suite! :) )

1. Ethaniel à 20:47 02/03/2010 -
> ce noble échinidé

http://fr.wikipedia.org/wiki/Echinoidea != http://fr.wikipedia.org/wiki/Equidae :p  !

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