Edito

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(01/06/06) =) J’vis toujours des soirées parisiennes…



Lundi 01 Avril 2013
Annonce prématurée
Déjà le 1er avril, il est temps de lancer mon grand jeu annuel (nouveaux lecteurs, si tant est qu’il y en ait, voici les règles) !

J’ai rencontré une fille !
Contrairement à N1, N1,5, N2 et N2,5, elle ne se prénomme pas Nathalie ; qui plus est, contrairement à « la fille en bleu », son prénom ne commence même pas par un « N ».
Ça a commencé par Internet, puis a continué IRL, sans dépasser cependant le stade de la simple fréquentation.
Ça aurait pu déboucher sur une vraie relation, mais hélas les événements en ont voulu autrement : sans doute lassée de ma personne, elle m’a progressivement répondu de moins en moins souvent, me reléguant au rang de simple connaissance ; tout s’est ainsi terminé avant même de vraiment commencer.
C’est à croire que la « malédiction Nathalie » continue de me poursuivre impitoyablement, m’interdisant toute espérance si la fille, au minimum, ne porte pas ce prénom !
Je dois donc abandonner mon idée de publier ici le petit pavé que j’avais commencé à rédiger sur le sujet, pavé qui aurait été, finalement, une annonce prématurée…


La réponse à cette édition 2013 du grand jeu ne sera pas donnée avant l’année prochaine :p !
Posté à
18:33
 par Ethaniel -
Mercredi 05 Décembre 2012
C’est pas bon
Yeah, pas besoin d’attendre plusieurs jours (semaines, mois, années, …) de rédaction pour cette anecdote : vécue hier soir, racontée ce matin, ça c’est du service express !
J’aurais même pu la poster avant de me coucher si j’avais eu l’Interweb à disposition : les mots, les rimes, la métrique, tout est venu quasiment tout seul, ce fut magique !
Oui, même la métrique, point sur lequel je galère tellement d’habitude que finalement je ne la respecte presque jamais ; bon d’accord, le statut « chanson contemporaine » m’a grandement aidé grâce au laxisme permis sur les élisions et la gestion des e caducs par rapport aux règles très contraignantes des vers.

Mon anecdote est à lire sur l’air de Laisse béton de Renaud ou, de manière équivalente, sur celui de Lâche l’affaire de R.wan, excellent remake à découvrir d’urgence si ce n’est déjà fait =) .
Attention cependant, il n’y a qu’une paire couplet/refrain au lieu de trois (pas assez de matière pour faire plus), mais il y a bien la conclusion ;) .
C’est pas bon

J’marchais tranquille j’marchais peinard,
Pas âme qui vive dans la ’tite rue,
J’bouffais une pomme comme tous les soirs :
Du sucre pour l’sport c’est bienvenu.
Lorsque soudain un gros morceau
A décidé d’changer d’tuyau…
Vers les poumons, dis don’,
Ça c’est pas bon.
Où est passé mon oxygène ?
Ça y est je respire à peine…
Un filet d’air ? Je suis sauvé !
Le morceau n’a pas tout bouché.
Du coup il peut descendre au fond,
Là j’me dis : « C’est pas bon. »

Je toussote comme un fou :
Rien changé d’un kopeck ;
Je crache mes bronches d’un coup :
Mes dents l’arrêtent direct.

La morale de c’te pauvre histoire,
C’est que même jeune (enfin, ’faut voir…)
Tu peux crever sur l’bas-côté
Pour un pauvre bout de pomme croquée.
Mais comme maigre consolation,
Dis-toi que tu pourrais gagner,
Du moins si t’as de rej’ton,
L’Darwin Award de l’année.
Lundi 05 Novembre 2012
Gros Noob
Cela fait maintenant plus de 3 ans que je connais Milie.
« Milie » ? Mais qui est donc cette personne dont le pseudo, sauf subtile feinte de sa créatrice, ne cache aucunement le prénom à l’état civil ?
Les lecteurs ayant bonne mémoire (ou bonne touche F3 pour ceux lisant le présent texte sur la page principale) auront trouvé d’eux-même qu’il s’agit de la « Chèvre Émissaire » dont j’ai conté il y a quelques temps les stupéfiantes aventures au sein de ma non moins stupéfiante boîte.
Plus de 3 ans que je connais Milie, disais-je donc, et presque autant de temps qu’elle me tanne régulièrement le cuir pour que je me mette à l’une de ses passions : le GN.
Notez bien que, quoiqu’en dise le titre de l’article, ce sigle ne signifie nullement « Gros Noob » (sauf lorsqu’appliqué à ma personne, ainsi que vous pouviez vous en douter) mais « Grandeur Nature » (sous-entendu « de style français » : Milie ne fait pas dans le med’bour ([1], [2]) anglo-saxon, hein).
Malgré mon expérience en JdR sur table et en MMORPG (lequel ne s’identifie pas à WoW : il est des jeux où l’on peut fort bien faire du 100 % RP), je ne me sens pas suffisamment confiant pour me lancer dans cette aventure et ai donc pu esquiver les « attaques psychologiques » lancées par ma bonne amie qui croit bien plus en moi que je ne le fais moi-même (qui a dit « comme d’hab’ » ?)

Ordoncques, Milie publie mardi midi (récit fourni en « i » ? Pari réussi !) un appel d’urgence « SOS désistement » sur Facebook pour trouver au pied levé un remplaçant masculin sur un GN ayant lieu à Paris 2 jours plus tard, soit le 1er novembre, jour férié et donc particulièrement adapté à cette activité.
Malgré mes 25 000 projets en attente qui se seraient volontiers déchirés sous ma caboche pour accaparer ce temps libre inespéré, et malgré ce que j’exposais plus haut, je me suis tout naturellement, sisi`vraiment` #trioui# ©, proposé pour ce faire : tant qu’à commencer quelque chose que l’on avait évité de faire pendant 3 ans, autant se mettre un peu de challenge, non ?
Avoir quelques semaines pour s’imprégner d’un personnage que les organisateurs estiment être dans vos cordes, c’est pour les faibles !
Ah mais en fait non, j’apprends par l’orga’ quelques minutes avant que FB se bloque à 14 h qu’un remplaçant (sans aucun doute plus adapté, ce qui n’est pas difficile) a été trouvé, mais qu’il prend cependant note de ma candidature dans laquelle j’ai pourtant bien insisté sur ma n00bitude et mon absence de matos : eh oui, dans un GN XVIIe (siècle, pas arrondissement), on s’habille XVIIe (siècle, pas arrondissement).
Mais à 19 h et quelques, alors que j’avais déjà quitté le boulot et sa connexion Internet (sport, toussah), coup de théâtre : coup de téléphone.
Le métro n’étant pas l’ami du GSM, j’ai perdu quelques bribes d’informations et je n’ai pas bien compris si le remplaçant trouvé le midi même s’était finalement désisté ou si c’était un autre rôle masculin qui avait également besoin des services de « SOS désistement » : quoiqu’il en soit, ça ne change rien au résultat, à savoir que je suis invité au GN de jeudi.
Je lui communique mon adresse mail pour qu’il m’envoie les documents nécessaires (background de l’époque, fiche de perso’, règles et accessoirement fiche d’inscription dont je suis dispensé) dont je ne prendrai connaissance que le lendemain (non, je n’allais pas repasser au boulot à 22 h après le sport).
Mercredi matin vers 9–10 h, je consulte les textes reçus : RDV le lendemain à 10 h… Challenge Accepted, Jack Bauer n’a qu’à bien se tenir !
Las, mon personnage est une grande gueule, soit mon opposé… ça y est, je souffre déjà ; pas au point d’envisager de me jeter du 6e étage, mais quand même.
Alors je lis, je relis, je re-relis, et j’en remets quelques couches pour m’imprégner au plus vite du personnage.
Enfin… « imprégner », c’est un bien grand mot, vu que je ne fais pas ce qu’un joueur de GN doit normalement faire : au lieu de m’immerger émotionnellement afin de ressentir la colère, la frustration, l’inquiétude et maints autres sentiments que mon perso’ est censé ressentir à l’instant du top départ, je me contente de rationaliser à outrance toute son histoire personnelle, j’aurais presque pu déclamer par cœur sa biographie complète (quelques pages).
Mais bon, comment pourrais-je me plonger dans les sentiments d’un autre quand je ne suis même pas capable de plonger dans les miens, comme cela m’avait d’ailleurs été reproché par Nath’ no 2 ?
Le soir venu, j’imprime avant de partir règles et fiche de perso’, puis sors mon stylo rouge par ce qui est devenu une habitude depuis plus d’un mois (relecteur bénévole pour un petit éditeur spécialisé ; Nil avait déjà pu constater il y a quelques années à quel point j’avais été chiant sur la première moitié de son 12, rdB).

Jeudi matin, grasse m… ah non, réveil à la même heure que les 10 jours précédents (oui, le dimanche aussi) et les 2 jours suivants.
L’organisation ayant tenu compte de mon absence de matériel, seules deux choses n’étaient pas fournies : un pantalon noir passe-partout et de quoi me chausser convenablement (à savoir bottes si possible, chaussures type galoches marron sinon, chaussures de ville marron ou noires sinon).
Pour le pantalon noir, pas un jean évidemment, celui en tissu du krav-maga m’a déjà rendu de fiers services de ce type et servira encore ce jour.
Pour les godillots, l’orga’ semblant insister sur la couleur marron, j’ai ressorti une vieille paire de chaussures de ville ayant la couleur demandée, en lieu et place des noires utilisées presque quotidiennement.
Ce n’est qu’après quelques dizaines de mètres, en arrivant à l’arrêt de bus, que j’ai compris pourquoi j’avais changé de godasses à l’époque : les marron étaient un poil trop petites.
Bus dans 7 minutes, j’aurais le temps d’aller attraper un sac à dos et les chaussures noires dedans (avant échange à l’arrêt ou au pire dans le bus), mais ayant réussi à caser tout le reste dans ma sacoche, je ne suis pas motivé pour me trimbaler un sac à dos juste pour ça, je n’en fais donc rien : un peu de sparadrap (merci la sacoche) sur les orteils et il n’y paraîtra plus.
J’ai également l’idée très vite réprimée de prendre le chéquier « juste au cas où » pour la PAF (participation aux frais), mais ne faisant pas confiance aux banques pour vérifier les signatures, je préfère garder le carnet à l’abri chez moi : je trouverai bien un distributeur automatique sur le chemin, non ?
Voyage sans encombre durant 1 heure, sortie du métro à 10 h moins 5, je vais être tout pile à l’heure, parfait !
En longeant une vitrine, je me fais quasiment bousculer par une femme sortant inopinément par une porte vitrée : ah, tiens, une agence bancaire avec un distributeur automatique dans l’entrée, justement ce dont j’avais besoin alors même que je l’avais, bien sûr, déjà oublié.
Je sors de ma sacoche ma carte bleue… euh, non, je fouille ma sacoche pour trouver ma carte bleue… euh, non, je vide ma sacoche à la recherche de ma carte bleue… morbleu, je l’avais ôtée de la sacoche le week-end précédent pour éviter les problèmes, et 3 jours n’ont pas suffi pour que je pense à la remettre à sa place.
Tant pis, je continue vaillamment jusqu’à un plan de quartier pour me repérer : étrange, je ne retrouve pas l’impasse de destination qui devrait pourtant être indiquée par là !
Heureusement, un coup de fil à l’organisateur me permet de trouver le bon endroit, juste une rue plus loin que celle où je pensais le trouver.
J’explique à l’orga’ trésorière mon problème organisatio-pécuniaire et lui remets tout mon liquide, seuls 4 € manquent à l’appel : sans toutes ces pièces de 0,50 €, je me sens soudain plus léger !
J’aurais dû prendre le chéquier.
Après m’être changé avec le costume prêté viennent les fausses boucles pour cacher les lacets et rendre les chaussures visuellement d’époque.
Seulement voilà, ces fausses boucles sont en cuir noir, celui qui me les a apportées ne comprend pas pourquoi on m’aurait demandé spécifiquement des chaussures marron qui ne vont pas du tout avec (conseil donné : demander au photographe de cadrer un peu plus haut pour ne pas voir l’indigne contraste chromatique à mes pieds).
J’aurais dû prendre les chaussures noires.
En plus, elles étaient plus à ma taille.
Bim et bam, la partie n’est même pas encore commencée que je me tape déjà deux bonnes looses, rien de tel pour commencer la journée en toute confiance !
Je pourrais en outre ajouter le bas de mon pantalon noir qui ne faisait pas du tout XVIIe (siècle, pas arrondissement… hey mon ami, t’aimes ça le comique de répétition ?), mais des bas blancs et des rubans (pas pratiques) pour maintenir les jambes au format haut-de-chausse, et le tour était joué.

Je précise tout de suite que je donnerai le minimum de détails qui pourraient spoiler l’événement, au cas très improbable où l’un de mes quelques lecteurs (que je peux très sûrement compter sur une seule main (même s’il y en a plus de 5)) serait susceptible de jouer précisément ce GN.
Ce n’est pas un débriefing du GN mais, comme à l’accoutumée, une « chronique de la loose ordinaire » de plus…

Après deux rapides briefings (individuel pour rappeler les éléments essentiels de la fiche de personnage, puis collectif pour rappeler les règles), tout le monde est mis en position, il est normalement 12 h 30, la partie peut commencer.
J’ai à peine le temps d’échanger trois mots avec ma comparse pour lui dire pourquoi je lui avais donné rendez-vous à cette auberge que deux quidams richement vêtus surgissent et se mettent à déclamer des alexandrins durant quelques minutes avant de disparaître.
Je peux enfin remplir mon premier objectif (le plus simple de tous, c’est juste pour se mettre en jambes) en expliquant à ma collègue deux des trois problèmes qui me préoccupent, gardant le troisième par devers moi ; ne pas me faire attraper à propos de ce très grave troisième point dont je suis fautif constitue par ailleurs un autre de mes objectifs (ou plutôt un non-objectif, pour le coup).
Mais à peine ai-je fini mon exposé rapide de ma situation que des cris éclatent soudain à l’étage : un cadavre a été découvert dans une des chambres !
Bon sang, pas moyen de déguster tranquillement son hydromel !
Et voilà maintenant que la garde arrive et boucle l’auberge, garde dont le détestable capitaine promet l’embastillement (au sens littéral du terme) de tout le monde si le coupable du meurtre n’est pas trouvé d’ici ce soir !
S’ensuivent alors de nombreuses intrigues qui se croisent et se recroisent, chacun des 16 PJs ayant déjà son lot de soucis et d’objectifs liés, directement ou non, en le sachant ou non, aux autres individus présents.
Théoriquement, je suis censé faire usage de « ma » grande gueule appuyée par « ma » carrure imposante (enfin… celles de mon personnage, quoi) afin de découvrir des informations pouvant faire avancer mes objectifs (à part bien sûr le petit objectif d’introduction et le non-objectif déjà mentionnés) : mais, ainsi que je le craignais déjà la veille en découvrant le caractère de mon perso’, c’est au-delà de mes capacités (chassez le naturel…)
Alors que j’étais censé être le plus bruyant de tous, je fus le plus discret, j’ai complètement loosé mon « interprétation » (on va dire ça comme ça) du personnage.
J’ai, en gros, passé 11 heures à discuter calmement pour finalement glaner 2 ou 3 informations que j’ai essayé, sans succès, de mettre en relation entre elles ou avec toutes celles qui m’étaient fournies sans que je le demande par les PNJs et même, carrément, par certains PJs (désemparer de me voir piétiner lamentablement ?)
Oh, j’ai bien sûr échafaudé quelques théories, mais elles s’effondraient soit parce que, me laissant embobiner, j’abandonnais certains soupçons (le débriefing final montrera que j’aurais dû creuser pour les confirmer), soit à l’inverse parce que je me focalisais à fond sur de fausses pistes, perdant du temps pour rien et me fermant même des portes qui auraient donné des résultats intéressants.
Si, après les premières minutes (pour remplir l’objectif trivial), je m’étais contenté de me terrer sans mot dire dans un coin, j’aurais au bout du compte rempli exactement les mêmes objectifs, à savoir aucun à part les deux déjà mentionnés.
J’ai en effet rempli mon non-objectif de ne pas me faire griller sur un sujet donné, mais il semblerait (je n’ai pas encore lu toutes les fiches de perso’ généreusement fournies le lendemain par l’organisateur) que, de toute façon, personne n’avait à enquêter sur ce point…
Je pourrais certes me consoler en me raccrochant à la toute première règle du jeu : « […] Les objectifs de votre personnage ne sont en rien des conditions de victoire. Il n'y a rien à gagner en les réalisant, rien à perdre en ne les faisant pas. […] » ; mais quand même, objectivement, je ne fus vraiment pas brillant.

Malgré le ton résolument négatif du paragraphe précédent, n’allez pas croire que j’ai passé une mauvaise journée, bien au contraire : il n’y a que de moi-même que j’ai été fortement déçu, tout le reste (dans le GN s’entend) fut absolument génial et m’a laissé une très bonne impression.
En outre, je n’ai pas tout foiré non plus : il y a vers la fin une séquence qui, pour les besoins du scénario, est focalisée sur mon personnage (quelques autres ont eu droit au même traitement) et, bien qu’étant au centre de l’attention d’environ 25 paires d’yeux et d’oreilles (je ne les ai pas comptés mais il devait y avoir une dizaine de PNJs), j’ai réussi à ne pas trop bafouiller et à sortir des trucs pas trop absurdes (bien qu’un peu légers au regard de la situation) ; cela dit, si ça s’était passé au début, avant les quelque 8 heures passées à interagir avec les autres, je me serais tout simplement effondré, ça ne fait pas un pli.
Durant cette séquence a lieu un duel à la rapière (un parmi de nombreux autres ayant émaillé l’après-midi), mais comme c’était contre un PNJ, je ne peux que gagner (in extremis certes , mais gagner cependant) et j’ai même le droit de le tuer sans pourrir le scénario ; le but est, plus que l’issue en elle-même (pour les duels entre PJs, ils s’échangent à l’oreille avant de commencer leur score respectif et savent donc d’avance qui l’emportera), la mise en scène, le panache du combat, sans pour autant que les mouvements soient prédéfinis : ça reste donc comme un « vrai » combat, mais avec des mouvements tellement amples et exagérés qu’on les voit arriver à douze lieues… enfin non, pas tant que ça, il faut que le combat soit prenant pour les spectateurs, mais le futur vaincu doit faire attention à ne pas risquer de mettre un coup visuellement « fatal », bref, c’est un subtil compromis à trouver.
Sachant que j’aurais très probablement droit à un duel à la rapière, mon perso’ y étant particulièrement doué d’après sa fiche, j’avais rapidement préparé la veille, inspiré par ce que fit faire Rostand à Cyrano, un petit quatrain ; et là, c’était le moment ou jamais de le placer, d’autant plus que la fin implique bien plus qu’un simple désarmement :
Et en tierce, et en quarte,
De moi, les dangers j’écarte ;
Et en quinte, et en fente,
À la fin, je plante !
Oui, la métrique est pourrie et la répétition de syllabe est malhabile (mais l’inversion « Les dangers, de moi, j’écarte » introduit une seconde virgule qui me plaît encore moins), merci, je sais.
L’enchaînement « pause / attaque à gauche / attaque à droite / pause » étant me semble-t-il assez courante chez les débutants droitiers et étant moi-même droitier, le contenu de mon premier vers et la possibilité d’en placer un deuxième sans parade n’étaient pas vraiment un hasard.
Aussi, lorsque je considère après un nombre d’échanges suffisant pour avoir plu au public qu’il est temps de clore la passe d’armes, j’attends que mon adversaire fasse une légère pause avant de m’attaquer dans ma tierce pour alors déclamer (sans doute pas assez fort…) mes vers ; et, immense joie du coup de bol, il fait ensuite pile les attaques qu’il faut pour que mes actions collent à mes paroles !
Lorsque mon méchant s’écroule, « transpercé » par mon coup d’estoc (note importante : ce coup est hautement déconseillé (voire interdit) en GN, les armes factices ne sont pas faites pour ça et peuvent être dangereuses utilisées de cette manière, à moins de maîtriser à la fois son bras et les déplacements de l’adversaire ; ne faites pas ça à la maison, les enfants !), j’hésite à l’achever et demande conseil à l’assistance qui me propose d’en référer à mon « supérieur » alors présente qui décidera de la sentence à appliquer à mon opposant.
Comme un débile, je me retourne alors et m’apprête à me diriger vers la porte derrière laquelle se trouve mon boss lorsque je constate les regards de surprise des spectateurs dirigés derrière moi (les regards, hein, pas les spectateurs) : sans comprendre comment, je me retrouve un quart de seconde plus tard retourné, la rapière de mon ennemi parée par ma garde et l’extrémité de mon tranchant posé sur la jugulaire de mon adversaire que je « décapite » ainsi.
Honnêtement, je me demande ce que comptais faire le PNJ en m’attaquant dans le dos puisque, d’après leur scénario (j’ai vérifié le lendemain), il devait perdre (de justesse) contre moi : peut-être comptait-il sur la foule pour le « lyncher », je ne sais pas, je lui demanderai mardi soir.
Je frissonne encore à l’idée que j’aurais pu le blesser par ce geste, il est heureux de voir que mes 3 ans d’escrime (du sabre, bien sûr : l’épée et, pire, le fleuret, c’est pour les précieuses qui « combattent » avec le petit doigt en l’air) à Grenoble (je pensais en avoir déjà parlé dans de trèèès vieux billets à l’époque, mais il semblerait que non, étrange) n’ont pas été oubliés (il faut dire qu’ils ont été « réactivés » par le bokken/katana que je pratique depuis la rentrée, dont tôt les samedis matin) et m’ont permis ce coup d’éclat : mais là encore, cela n’est aucunement dû à mes capacités d’interprétation de mon rôle, c’est le joueur et non le perso’ qui a une fois de plus pris le dessus.

Comme on l’a vu, j’ai loosé avant la partie, j’ai loosé durant toute la partie, même mon unique beau geste fut une loose du point de vue RP : avec une telle quantité de loose, il n’en reste plus pour après la partie, si ?
Si.
Partant à minuit 40 (j’ai tenu à remercier et saluer avant de partir chacune des personnes présentes, pas juste un « salut à la prochaine » adressé impersonnellement à la cantonade ; j’ai aussi tenté en vain de voir comment régler le soir même mes 4 € de dettes : ce sera finalement pour mardi soir), j’arrive à 0 h 45 à la station de métro en faisant au passage une petite halte au plan de quartier consulté le matin : ah ben si, l’impasse cherchée était sur le plan, tout au bord à moitié bouffée mais là quand même.
D’après un écran de TV RATP auquel je jette un rapide coup d’œil en passant, les dernières rames sont pour bientôt : 1 h 04 et 1 h 07 pour ma ligne, ça va.
Sur le quai, consultant le plan, je constate qu’une autre ligne m’offre un trajet plus court, j’y cours mais suis arrêté en arrivant par un agent RATP (qui papotais avec des collègues) au prétexte que le dernier métro était parti à 40 : bon OK, je retourne à mon premier choix (qui n’est en temps normal pas le meilleur : mais pourquoi suis-je passé par là le matin dans l’autre sens ?) et patiente avec d’autres voyageurs.
Vers 1 h, soit plus de 10 minutes plus tard, est diffusée l’annonce selon laquelle il n’y aura pas la direction que je souhaite prendre : étonnement de ma part et de celle des autres, pourquoi n’y a-t-il eu en 10 minutes aucun agent pour nous faire évacuer alors qu’il y en a justement quelques uns peu plus loin à défendre farouchement un autre quai ?
Certains quais seraient-ils d’une importance stratégique bien plus élevée que d’autres ?
Pourquoi se regrouper alors qu’ils pouvaient très bien se déployer à un(e) voire deux par quai à interdire ?
Ou comment ne pas démentir les sigles sarcastiques « Reste Assis T’es Payé » et « Rentre Avec Tes Pieds »…
J’ai le choix entre premièrement remonter à la surface pour prendre un Noctilien qui, je l’espère, me mènera à Châtelet d’où part celui me menant à la maison et deuxièmement tenter de ma rapprocher de République pour intercepter « mon » bus en cours de route : ça tombe bien, un dernier métro peut m’amener à mi-chemin de République, il part dans une minute !
Je constate dans le même coup d’œil qu’il y avait en réalité pour ma ligne, outre 1 h 04 et 1 h 07 (une fourbe fourche, en fait), un troisième horaire affiché (celui pour ma direction) mentionnant en effet quarante et quelques, tout en bas à moitié bouffé mais là quand même.
Course dans les couloirs, je choppe de justesse le métro de ma seconde option, me retrouve une douzaine de minutes plus tard à mi-chemin de République, remonte chercher les bus, direction… Châtelet, pas le choix, départ dans un petit quart d’heure.
Rhâ mais bon sang, j’aurais atteint Châtelet bien plus vite avec la première option ! j’aurais mieux fait (une fois n’est pas coutume) de louper le métro !
Bon, j’aurais pu m’en douter un peu, mais je ne connais vraiment pas bien le réseau de nuit.
Enfin à Châtelet, apparemment centre névralgique des bus nocturnes, je cherche fébrilement (il est déjà 2 h du mat’) d’où part mon bus, ce qui me prend deux bonnes minutes avant de découvrir que c’est en fait à tout juste une trentaine de mètres.
D’après l’afficheur numérique, le prochain départ est dans… 0 minute !
Deux minutes plus tard, c’est toujours dans 0 minute, mais rien à l’horizon quand soudain le « bus suivant » (25 minutes) passe en première ligne : de toute évidence, le bus que je cherchais m’est passé dans le dos (littéralement) pendant que je consultais le plan un peu plus tôt…
Pendant que je me pèle, je constate qu’un nouveau choix s’offre à moi, encore une aventure dont je suis le héros !
J’ai en effet 2 bus à ma disposition pour rentrer : un premier qui passe toutes les 30 minutes (celui que j’ai loupé juste avant) mais qui me laisse encore 8 minutes de marche à la fin et un second qui passe toutes les heures mais qui me laisse seulement 2 minutes de marche à la fin.
Or ce second bus passe exactement en même temps que l’autre, le choix est donc vite fait, aucune raison que je rallonge ma marche de 6 minutes.
Quand vient enfin 2 h 30, les deux compteurs affichent 0 minute et arrive effectivement le premier bus, celui qui m’arrange moins que le second qui devrait se trouver juste derrière : « prochain bus dans 0 minute, le suivant dans 60 minutes ».
« Prochain bus dans 0 minute, le suivant dans 59 minutes », tandis que l’afficheur de celui que j’ai laissé partir ne reste pas, cette fois, bloqué à 0.
« Prochain bus dans 0 minute, le suivant dans 57 minutes », les gens autour de moi commencent à grommeler.
« Prochain bus dans 0 minute, le suivant dans 54 minutes », les 6 minutes d’écart de marche sont écoulées, je n’aurais finalement rien perdu à prendre le premier bus, mais comment pouvais-je deviner que l’autre tarderait tant ? d’autant plus que République est son point de départ, donc aucun bouchon ne peut justifier ce retard !
« Prochain bus dans 0 minute, le suivant dans 52 minutes », les gens se plaignent bruyamment quand, alléluia ! notre transport pointe enfin le bout de sa calandre, genre l’air de rien.
Je profite de la demi-heure de trajet pour somnoler et grappiller un peu de simili-sommeil, et arrive enfin à 3 h 10, soit en tout 2 h 30 porte à porte au lieu d’1 h et des poussières à l’aller, mes choix du retour n’ont pas été des plus judicieux !

3 h 15, je peux enfin m’endormir en soupirant à l’idée du réveil à 7 h pour le boulot (pas de pont), je sombre immédiatement.
Ou pas : « Bon sang, des épingles à nourrice ! C’est ça qu’il fallait pour le pantalon ! »
Samedi 11 Aout 2012
Renouvellement de licence
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$  
# *License Manager Daemon Notification* 
# Attention, votre licence pour "EarthLifeOS éd. Homo sapiens v3.0" arrive à expiration 
aujourd’hui à 18h55 CEST. 
# L’installation de la mise à jour "EarthLifeOS éd. Homo sapiens v3.1" s’effectuera 
automatiquement à ce moment. 
 
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$ install earthlifeos-deinonychus-antirrhopus-1-4.pkg 
# (ERROR) L’édition "Deinonychus antirrhopus" de EarthLifeOS est incompatible avec votre 
édition actuelle, installation annulée. 
 
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$ install earthlifeos-homo-neanderthalensis-2-7.pkg 
# (WARNING) L’édition "Homo neanderthalensis" de EarthLifeOS n’est que partiellement 
compatible avec votre édition actuelle (est. 1% à 4%), le système pourrait devenir instable. 
# Souhaitez-vous continuer l’installation ? 
> y 
# (ERROR) L’édition "Homo neanderthalensis" de EarthLifeOS est obsolète, son support n’est 
plus assuré, installation annulée. 
 
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$ install earthlifeos-homo-sapiens-1-7.pkg 
# (ERROR) Votre licence pour la version 1.7 de "EarthLifeOS éd. Homo sapiens" a expiré le 11 
août 1999 à 18h55 CEST et n’est pas renouvelable, installation annulée. 
 
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$ install earthlifeos-homo-sapiens-4-2.pkg 
# (ERROR) La version 4.2 de "EarthLifeOS éd. Homo sapiens" n’est pas compatible avec votre jeu 
de paramètres actuel, installation annulée. 
 
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$ install earthlifeos-homo-sapiens-3-1.pkg 
# (ERROR) La version 3.1 de "EarthLifeOS éd. Homo sapiens" est déjà en cours de 
pré-installation, installation annulée. 
 
Ethaniel##antispam##EarthLifeOS ~ 
$  
# *Autoupdate Daemon Notification* 
# Installation de earthlifeos-homo-sapiens-3-1.pkg commencée, veuillez ne pas éteindre le 
corps durant le processus. 
# Avancement de l’installation : 
# 0% ... 10% ... 20% ... 30% ... 40% ... 50% ... 60% ... 70% ... 80% ... 90% ... 100% 
# Installation de "EarthLifeOS éd. Homo sapiens v3.1" achevée. 
# Votre licence pour "EarthLifeOS éd. Homo sapiens v3.1" arrivera à expiration le 11 août 2013 
à 18h55 CEST.
Posté à
18:55
 par Ethaniel - | [Quotidien] 11 août, 18 h 55
Dimanche 01 Avril 2012
Contre-manifeste
Il y a un peu plus de 2 semaines de cela, je vous entretenais de la constante τ qui, d’après le Tau Manifesto, est une meilleure concurrente que π au titre de « constante du cercle ».
Cependant, au gré de mes recherches sur le sujet, je suis tombé sur un contre-manifeste : le Pi Manifesto.
Et là, je dois avouer que ce texte m’a ouvert les yeux sur la Vérité : aussi, en ce jour, j’abjure le tauïsme et retourne, repentant, dans le giron de la Sainte Croyance en Pi.
Amen.
Posté à
20:12
 par Ethaniel - | [Geekerie] Mathématiques
Mercredi 14 Mars 2012
3/14
Aujourd’hui, certains matheux (essentiellement américains) fêtent un jour spécial : le Pi Day.
Les plus acharnés le célèbrent à précisément 13h59m26s ou 13h59m27s dans leur propre fuseau horaire.
En effet, dans le système américain, ces instants sont notés 3/14 1:59:26 PM et 3/14 1:59:27 PM.
Il s’agit là des écritures, respectivement tronquée et arrondie, à 7 décimales de la constante d’Archimède (notée π/δ en 1647 puis π depuis 1706), constante mathématique dont la seule vraie particularité est d’être la moitié de la constante d’Al-Kashi (notée π/ρ en 1697 puis τ depuis 1991), toutes ses autres propriétés (irrationalité, transcendance, etc.) dérivant simplement de cette relation avec τ.
Les matheux fêtent donc aujourd’hui, en réalité, le Half Tau Day, rien de plus…
Posté à
13:59
 par Ethaniel - | [Geekerie] Mathématiques
Samedi 04 Février 2012
Actualité géopolitique
Ce midi, en jetant à la poubelle mes gratuits du matin, je tombe dans le 20 minutes de jeudi dernier sur ce titre d’article : « Pourquoi le régime syrien peut durer. »
Je n’ai pu m’empêcher de me faire immédiatement cette réflexion :
Le régime syrien, c’est comme le régime Dukan, en moins hyperprotéique et en plus hyperhématique.
#dehors#
Posté à
19:59
 par Ethaniel - | [Créativité] Blagues pourries
Mardi 17 Janvier 2012
Orteil De Merde, le retour
(Événement du mardi 10 janvier au matin.)

Aujourd’hui, alors que je me remets doucement d’un orteil cassé il y a quelques semaines, une femme me marche sur un pied dans le bus. J’ai 10 orteils et son talon aiguille fait moins d’un demi-orteil de surface : quelle était la probabilité qu’elle me marche pile-poil sur la phalange cassée ? VDM
Vendredi 16 Décembre 2011
Orteil De Merde
(Événement du lundi 2 décembre au soir.)

Aujourd’hui, en krav-maga, je donne lors d’un combat un coup de pied circulaire solidement paré par l’adversaire. J’apprends plus tard que ce coup de « pied » se donne en fait avec le tibia. Ah, d’accord, ça explique donc mon orteil cassé. VDM
Jeudi 11 Aout 2011
0x1E
Et une news de plus dans la catégorie dédiée, une !
Posté à
18:55
 par Ethaniel - | [Quotidien] 11 août, 18 h 55
Jeudi 30 Juin 2011
Vraiälité
Le Vrai et la Réalité… Le Réel et la Vérité…
Qu’est-ce qui rapproche ces notions ? Qu’est-ce qui les différencie ?

Pour commencer, mentionnons quelques éléments de la Réalité (avec une majuscule, donc une capitale, afin d’indiquer que je parle de la « Réalité Absolue », celle qui est, sui generis (par elle-même), indépendamment de toute connaissance humaine), chacun à leur niveau : vous, moi, la Terre, l’Univers, les atomes, etc.(1)
De même, listons quelques Vérités : je suis et vous êtes, le Terre est une planète de l’Univers, les atomes sont une structure intermédiaire entre les particules élémentaires et les molécules, 1+1=2, etc.
Tandis que je cherchais des éléments à classer dans l’une ou l’autre liste, je me suis aperçu qu’une régularité grammaticale apparaissait : les éléments du Réel sont énoncés sous forme substantive(2) (des noms, communs ou propres) tandis que les éléments du Vrai sont des énoncés sous forme verbale(3).
Contrariant comme je suis, j’ai bien évidemment immédiatement cherché un contre-exemple, par exemple une Réalité sous forme verbale : la première chose qui me vint à l’esprit fut « dans le référentiel héliocentrique, la Terre tourne autour du centre de masse du système solaire »(4) (oui, bon, on s’refait pas, on a les centres d’intérêt que l’on mérite :o ).
N’est-ce pas là une jolie Réalité sous forme verbale ?
En fait, non, on peut aisément rétablir le critère discriminant présenté plus haut, en disant que la phrase verbale ci-dessus est une Vérité, tandis que ce qui est Réel, c’est la rotation, le « fait de tourner » (une forme substantive, là aussi).
Énoncez, à haute voix si nécessaire, les deux questions suivantes : « est-il vrai que la Terre tourne autour du Soleil ? » et « est-il réel que la Terre tourne autour du Soleil ? »
L’une de ces formulations ne vous paraît-elle pas naturelle ? et l’autre choquante ?
Pour ma part, c’est le cas, de même que pour cette paire de questions : « la rotation de la Terre est-elle vraie ? » et « la rotation de la Terre est-elle réelle ? »
On pourrait me reprocher de jouer sur les mots, et pourtant, de quelque manière que je tente de trouver un contre-exemple, je peux facilement réordonner et reclasser selon le critère substantif/verbe, ça marche (du moins en ai-je vraiment l’impression(5)) !

(1) Certes, un constructionniste convaincu dirait que seules les particules élémentaires sont la Réalité, le reste n’étant que des structures qui, en découlant mécaniquement, n’existent pas par elles-mêmes et ne sont donc pas la Réalité, seulement une vision globale et floue d’icelle : même si formellement parlant il n’a pas tort, je lui souhaite bien du courage pour retrouver par exemple la moindre loi thermodynamique sans invoquer des notions émergentes comme la pression ou la température.
Pour ma part, je préfère considérer que, chacune à leur niveau (microscopique, macroscopique, astronomique), les structures émergentes listées sont une composante de la Réalité, car elles présentent des caractéristiques qui, bien que découlant des niveaux inférieurs, n’en découlent pas de manière immédiate et évidente, le saut quantitatif entraîne un saut qualitatif.
Cependant, l’Émergence (un sujet fascinant !) n’étant pas le sujet d’aujourd’hui, je n’irai pas plus loin dans cette direction.
(2) On notera avec intérêt une chose dont je ne prends conscience qu’à l’instant même : le mot « substantif » a pour origine étymologique directe « substance », laquelle, selon Descartes (Principes, I, 51), « existe en telle façon qu’elle n’a besoin que de soi-même pour exister » : n’est-ce pas justement là la définition exacte de la Réalité ?
Par contre, « verbe » et « vérité » n’ont pas la même racine indo-européenne, malgré les premières lettres communes en français comme en latin ou en indo-européen, c’est juste une coïncidence, notable mais apparemment non significative.
(3) « 1+1=2 » est en effet une forme verbale, comme le montre la version en toutes lettres « un plus un égalent deux ».
(4) Cependant, afin d’alléger quelque peu mon propos dans la suite (mes pavés sont déjà bien assez indigestes comme ça #roll# ), je me permettrai l’approximation suivante : « la Terre tourne autour du Soleil ».
Cet énoncé est, formellement parlant, inexact, mais considérons-le ici comme équivalent à l’énoncé un peu lourd faisant intervenir le référentiel héliocentrique et le centre de masse du système solaire.
(5) Dois-je ici utiliser « vraiment » ou « réellement » ?
À mon sens, c’est « vraiment » qui s’impose, mais sans que, en première impression, je ne puisse rejeter formellement l’autre adverbe.


Avant d’aller plus loin, il me faut préciser ici deux points importants.

Premièrement, au lieu de chercher à savoir, comme écrit plus haut, si tel énoncé est une Réalité ou une Vérité, ce qu’il faut en fait analyser est de savoir si on peut appliquer à cet énoncé le « critère de Réalité » ou le « critère de Vérité ».
Que dire par exemple de « 2+2=5 » ?
Ce n’est pas une Réalité, mais ce n’est pas non plus une Non-Réalité : on ne peut pas appliquer à cet énoncé le « critère de Réalité », l’opposition Réalité/Non-Réalité n’a pas de sens en ce qui le concerne ; par contre, on peut appliquer à cette forme verbale le « critère de Vérité », lequel établira que c’est en l’occurrence une Non-Vérité.
Plutôt, donc, que de dire que « les éléments du Vrai sont des énoncés sous forme verbale », il convient plutôt de dire que « les éléments dont on peut chercher à établir s’ils sont Vrais ou Non-Vrais sont des énoncés sous forme verbale » ; pour faire plus court, au lieu d’écrire comme plus haut que « X, forme verbale, est une Vérité » (ce qui ne s’applique pas à la forme verbale « 2+2=5 »), je devrais plutôt écrire « X, forme verbale, est une (Non-)Vérité », le fait d’appliquer ou non la négation étant spécifique à l’énoncé X, mais ne changeant rien au fait que c’est le critère de Vérité qui s’applique et non celui de Réalité.
Bien évidemment, la même précision s’applique de manière symétrique aux « éléments du Réel » : les éléments dont on peut chercher à établir s’ils sont Réels ou Non-Réels sont des énoncés sous forme substantive, et Y, forme substantive, est une (Non-)Réalité.

En second lieu, on peut appliquer tout ce que j’ai affirmé sur les (Non-)Réalité et (Non-)Vérité à leur version anthropolimitée, donc sans majuscule ni capitale : la (non-)réalité est la fraction de (Non-)Réalité accessible à la capacité de perception et de compréhension d’un humain donné, dans les limites de ses connaissances (et de ses croyances), de même que la (non-)vérité est la fraction de (Non-)Vérité relative à un humain donné.
Chaque personne ayant ses propres perception, compréhension et surtout connaissances et croyances, une réalité pour Alice pourra être une non-réalité pour Bob, mais dans tout les cas ça sera une (Non-)Réalité, non une (Non-)Vérité, de même qu’une non-vérité pour Alice pourra être une vérité pour Bob.
Ainsi, Gotham City, bien que Non-Réelle, peut acquérir une certaine réalité à l’échelle humaine, par exemple dans les décors d’un des films de Batman ou dans l’imaginaire d’une personne à la perception altérée.
De par leur ascendance, une (non-)réalité reste exprimée sous forme substantive, et une (non-)vérité sous forme verbale.
Cependant, bien que nous ne soyons pas aujourd’hui le CAPS LOCK DAY, j’utiliserai dans la suite, sauf exception, les versions absolues, non les versions à mesure humaine.


Bien que j’aie apparemment donné un discriminant absolu pour différencier la (Non-)Vérité de la (Non-)Réalité, il est possible que vous ne soyez pas convaincus ; rassurez-vous, je ne le suis pas non plus totalement(6) : même si ça marche apparemment très bien, ça ressemble furieusement à un « jeu de mots », une construction a priori artificielle issue de mes seules considérations.
Pourtant, je ne trouve rien de mieux pour faire le distinguo entre d’une part ce qui relève du critère du Réel, c’est-à-dire la substance ou au contraire l’absence de substance, et d’autre part ce qui relève du critère du Vrai, c’est-à-dire soit l’affirmation de l’existence ou non d’un élément du (Non-)Réel (« je suis », « Gotham City existe », …), soit l’affirmation d’un lien indéfectible entre deux composantes du (Non-)Réel (l’une étant le sujet du verbe, l’autre son complément).
Mais, victoire ! j’ai fini par trouver un contre-exemple, oui oui =) !
En effet, on dit de certains livres ou films qu’ils sont « inspirés d’une histoire vraie » ou « inspirés de faits réels ».
N’a-t-on pas là, avec « histoire », un vrai substantif auquel le « vrai » est attaché ?
Voyons d’abord rapidement l’autre formulation, celle des « faits réels » : ces faits sont généralement tel meurtre (non élucidé de préférence), tel événement historique ou non, telle élection, telle guerre, etc. — une liste de substantifs qui méritent bien d’être passés au crible du critère de réalité.
L’histoire vraie, quant à elle, décrit ce qu’ont fait telles personnes (réelles), ce qui lie tels faits (réels) : les actions, les relations, tout cela est raconté au moyen de nécessaires formes verbales ; ainsi, bien que le mot « histoire » soit grammaticalement un substantif, c’est conceptuellement un ensemble d’actions et de relations qui ne peuvent s’exprimer sans verbes, c’est donc implicitement une liste de formes verbales soumises au critère de vérité, d’où « histoire vraie » et non « histoire réelle ».
Dommage, c’était bien tenté.

Mais ce distinguo n’est pas toujours si évident à faire, en témoigne par exemple la synonymie quasi-totale évoquée plus haut entre « vraiment » et « réellement » dans le langage commun.
Pour tout dire, plus encore que le caractère a priori arbitraire de la distinction selon la forme grammaticale d’un énoncé, ce qui me dérange au plus haut point dans cette histoire est que, à part ce critère grammatical, je ne trouve rien d’autre pour séparer le critère de Réalité de celui de Vérité, à croire qu’ils sont équivalents.
Ainsi, dans mon système de caractérisation par la grammaire, il suffit d’ajouter « est » ou « existe » à n’importe quelle Réalité pour obtenir automatiquement une Vérité, et à n’importe quelle Non-Réalité pour obtenir automatiquement une Non-Vérité.
De même, je vous demanderai d’essayer de me trouver un énoncé qui soit à la fois une Réalité et une Non-Vérité (à la forme grammaticale près, bien sûr) ou un énoncé qui soit à la fois une Non-Réalité et une Vérité (vous pouvez également tenter l’exercice avec une réalité/non-vérité ou une non-réalité/vérité, mais considérées à chaque fois dans le cadre de perception, compréhension, connaissances et croyances d’une personne donnée) : pour ma part, je n’ai rien trouvé de probant…
Ce parallèle apparemment exact entre Réalité et Vérité d’une part, Non-Réalité et Non-Vérité d’autre part, m’interpelle : aurait-on inventé deux notions différentes s’il suffisait d’un simple verbe pour passer de l’une à l’autre ?

(6) Si vous vous attendiez à un exposé philosophique où j’assène des Vérités issues de mes intenses réflexions, vous en serez pour vos frais : tout juste exposé-je quelques pistes de réflexion issues de mes interrogations toujours sans réponse ferme.
En outre, ainsi que je l’ai déjà suggéré plus haut, certaines choses me viennent durant la rédaction, parfois affinant ma pensée, parfois la déviant dans des directions que je n’avais pas prévues quand j’ai commencé à mettre ce sujet par écrit, et il est certains que d’autres choses viendront plus tard : cela explique le caractère un peu décousu de ce texte, ainsi que les imprécisions qui ne sont affinées que plus tard.
Vous me voyez donc désolé de vous soumettre ce texte un peu « brut de décoffrage » malgré mes efforts, mais je doute pouvoir faire beaucoup mieux.


Un angle pour aborder le problème serait de se demander si les notions de Réalité et de Vérité, telles que je les ai présentées au début avec mes deux listes, ne seraient pas biaisées dès le départ, ce biais expliquant alors le parallélisme observé.
Cette possibilité m’a été soufflée par le philosophe Robert Pirsig, dans son Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes(7) : selon la lecture qu’il fait de Socrate, Platon et Aristote(8), les deux premiers ont, par la dialectique, placé la Vérité au niveau suprême, celui de la Réalité, plaçant le Bien juste en dessous (lequel sera ensuite relégué par Aristote en bas de l’échelle : « Chez Aristote […] [l]e Bien est une subdivision mineure du Savoir, sous le nom d’Éthique », fin du chapitre XXIX), tandis que les sophistes avant eux avaient, par la rhétorique, placé le Bien au sommet :
Chapitre XXIX :
[…] la rancœur de Platon s’inscrivait dans un conflit beaucoup plus vaste : entre la réalité du Bien, représentée par les sophistes, et la réalité du Vrai, représentée par les dialecticiens. C’est la Vérité qui a gagné, et le Bien qui a perdu. Voilà pourquoi nous identifions si facilement Vérité et Réalité.
[…]
Platon n’avait pas essayé de détruire l’aretê, il l’avait figée, il l’avait convertie en Idée éternelle, en vérité immortelle et rigide. Il l’avait transformée en Bien, la plus noble de ses Idées : elle n’était dominée que par la Vérité, précisément. […] Platon avait pris aux rhétoriciens l’idée de Bien […] Elle venait directement des sophistes. La différence est que le Bien de Platon était une Idée immuable, alors que, chez les sophistes, ce n’était pas du tout une idée. Le Bien, pour eux, n’était pas une forme de la réalité, mais la Réalité, changeante et finalement inconnaissable.
Serait-ce donc à cause de notre culture occidentale à base mi-platonicienne, mi-aristotélicienne que j’« identifi[e] si facilement Vérité et Réalité » ?
Si l’Histoire avait été différente, si Socrate et Platon n’avaient pas détruit les sophistes et leur pensée à un point tel que c’est aujourd’hui un terme péjoratif (pensez aux « sophismes »), la Vérité et la Réalité aurait-elle été aujourd’hui clairement distinguables et distinguées ? Le Bien aurait-il à la place été maintenant identifié si facilement à la Réalité ?
J’ai du mal à y croire, mais, de ce que je comprends, Pirsig laisse entendre que ce n’est dû qu’au poids de plus de 23 siècles de culture grecque et que les choses auraient pu être différentes.
Ce qui ne résout pas mon interrogation.

(7) Attention cependant : je n’en ai lu que la version française, paraît-il mal traduite et même partiellement censurée ; il serait bon un jour que je me frotte à la version originale, pour voir.
(8) Il est à noter que, pour ma part, je n’ai malheureusement eu l’occasion de lire que deux ouvrages de ce trio : le Ménon de Platon et l’Éthique à Nicomaque d’Aristote ; de Socrate, j’en ai lu autant que n’importe qui d’autre au cours de la dernière grosse vingtaine de siècles : rien :D .



Cette interrogation n’est pas due à ma récente relecture (qui est une seconde lecture) de Pirsig : c’est par hasard que j’ai relu son ouvrage, alors que j’avais déjà en tête mon questionnement sur la « Vraiälité ».
Elle n’est pas due non plus à la première lecture : elle date d’il y a bien des années et, à l’époque, j’avais un peu décroché à la quatrième et dernière partie (chapitres XXVII à XXII), celle qui est centrée sur la philosophie grecque, domaine où j’étais incapable de dire qui a pensé quoi (c’est aujourd’hui à peine moins pire, mais je suis maintenant à peu près capable de suivre les listes de noms et de concepts donnés par Pirsig sans me perdre totalement) ; je n’avais rien retenu de cette dernière partie, du moins rien de ce qui concerne cette bataille grecque entre le Bien et le Vrai pour l’accès au Réel (à travers la lecture que Pirsig en fait, je le répète), n’ayant à l’époque pas vraiment vu l’intérêt de la question.
Elle est en fait due à quelque chose de bien débile %) : mes annuelles news du 1er avril sur ce blog (dont la précédente news à laquelle je n’ai toujours pas donné la réponse : j’y viens).
En effet, le principe adopté sans aucune réflexion dans mon premier « poisson d’avril » m’a tellement plu que j’ai depuis repris chaque année le principe, en expliquant presque à chaque fois les « règles du jeu ».
Cependant, cette année, l’énoncé de ces règles (que je redonne selon les mots qui me viennent alors à l’esprit, sans le moindre copié-collé) a été légèrement modifié, suite aux remarques de Sally/Lÿs il y a 4 ans (déjà ?!?) : jusquà l’année dernière, la règle principale était que « toutes les phrases jusqu’à un certain point sont vraies, toutes ensuite sont fausses »(9).
Sally avait alors entamé une discussion sur la pertinence du fait de considérer qu’une phrase donnée était vraie ou non, se basant entre autres sur le fait qu’une proposition mathématique est fausse dès lors qu’un seul de ses éléments l’est, même si tout le reste est vrai(10).
Or ce n’est pas exactement ce que j’avais en tête : au-delà du point de transition, lorsque mes phrases sont « fausses », elles le sont dans leur intégralité, pour chaque sous-partie potentiellement indépendante (et ce, d’autant plus que j’ai la fâcheuse habitude de faire des phrases à rallonge : ça n’aurait vraiment pas été du jeu de faire une phrase vraie sur 3 ou 4 lignes pour la rendre finalement fausse avec quelques mots à la fin, c’est mesquin et inesthétique).
C’est donc suite à cette juste remarque de Sally que j’ai légèrement modifié mon vocabulaire dans les règles de cette année (elles sont en premier commentaire de ladite news), la principale étant maintenant que « toutes les phrases jusqu’à un certain point décrivent la réalité, toutes ensuite sont une fiction » (à la réécriture près, je suis donc simplement passé du critère de vérité à celui de réalité, sans modification du reste).
Sous cette nouvelle forme, la règle principale me semble décrire plus justement ce que j’ai en tête (à noter que si j’écris que je compte faire quelque chose mais que je ne le fais finalement pas, mon intention était cependant potentiellement réelle au moment de l’écrire, ça ne force pas la phrase à faire partie de la seconde moitié, fictive, du texte).
Or c’est justement parce que l’une des formulations est plus juste que l’autre, et donc différente, que j’ai pu voir que, comme l’on pouvait s’y attendre, réalité et vérité ne sont pas librement interchangeables… à l’instant précis où je me rendais simultanément compte que je n’arrivais pas à formuler une réalité qui ne soit pas une vérité ou une vérité qui ne soit pas une réalité, d’où le doute qui commença alors à m’envahir.
À l’époque, je n’avais pas encore établi le critère grammatical que j’ai exposé plus haut, ni établi de séparation entre les versions absolues et humainement limitées de ces notions (neko m’y a aidé, merci à elle) : pour tout avouer, ça a eu beau turbiner quelques temps dans ma tête, ce ne fut qu’en couchant par écrit mes idées que j’ai pu légèrement éclaircir la situation — or, vous pouvez constater de visu que c’est encore très loin d’être gagné : je vous laisse donc imaginer le bien beau bordel mental que c’était avant ça :o

(9) Sachant que cette règle s’applique à un récit que je fais, le vrai et le faux dont je parle est bien évidemment limité par ce que je suis capable d’appréhender : une phrase vraie l’est donc « pour autant que je sache », de même pour une phrase fausse ; il n’est donc plus question dans la suite de (Non-)Vérité ou de (Non-)Réalité, mais de (non-)vérité ou de (non-)réalité, suivant les conventions typographiques adoptées en début de pavé.
(10) À vrai dire, il ne l’a pas formulé comme ça, mais c’est ainsi que ça s’est cristallisé dans mon esprit.
En outre, il était également question des (auto-)interrogations, formellement ni vraies ni fausses : je n’ai pas regardé si je me suis fait avoir cette année…



Ordoncques, écrivais-je, cette hasardeuse tentative de philosophie est partie de ma précédente news, mon traditionnel « poisson d’avril » dont toutes les phrases jusqu’à un certain point décrivent la réalité (pour autant que je le sache et que je puisse en juger), toutes ensuite sont une fiction issue de ma seule imagination, sans que le moindre fragment indépendant de phrase ait une quelconque réalité (mais s’il s’avérait que je décrive par mégarde dans cette seconde partie un événement réel, ce ne serait que pure coïncidence dont je n’aurais aucune connaissance) ; en outre, pour qu’il y ait un point de transition entre deux phrases à l’intérieur de la news, le récit s’ouvre sur une première phrase décrivant une réalité, au même titre que toutes mes autres news des autres dates, et s’achève sur une dernière phrase qui est pure fiction de ma part.
Cette année, le sujet portait sur mon entreprise, chose que je n’avais encore jamais abordée, ni ici ni sur le forum — et même si le vidage de presse-papier comporte de temps à autre des fragments de mon boulot, j’ai toujours veillé à ne jamais rien coller qui puisse permettre d’identifier formellement ma boîte ou un de nos clients.
Je ne vais pas paraphraser ladite news, juste rappeler les grandes lignes(11).
Outre l’introduction et la conclusion, j’avais construit trois grandes parties, portant respectivement sur la hiérarchie officielle, la « hiérarchie de l’ombre » et enfin les déboires d’une collègue de l’administratif.
Je ne suis vraiment pas sûr d’avoir réussi, mais j’ai tenté, globalement (c’est-à-dire sans garder en permanence ce point en tête, ne l’appliquant vraiment que de temps à autre), de faire coller la forme avec le fond : neutre et sage au début quand je décris l’organigramme, je finis dans le grandiloquent burlesque et l’exagéré quand je décris les aventures extravagantes de la pauvre Chèvre sacrificielle, le but étant que votre inconscient, plutôt sensible à la forme, appuie votre conscient, plutôt sensible au fond, pour que vous finissiez par vous dire que, vraiment, c’est trop délirant pour que ce soit réel.
Lorsque plusieurs membres du Club des Cinq m’ont demandé, oralement, où était vraiment le point de transition, me disant d’abord où ils l’avaient placé, il m’a semblé que j’avais plutôt bien réussi ma tâche, puisqu’ils plaçaient ce point relativement tôt, en gros entre la fin de la première partie et le milieu de la seconde.
En outre, la règle stipulant que la dernière phrase, en l’occurrence celle évoquant ma démission, est pure fiction, on en déduit que j’aimerais éviter de me faire pousser vers la sortie à cause de mon texte, et que je n’aurais pas pris le risque d’être reconnu en décrivant des événements permettant facilement de m’identifier : or, si l’on suppose que les aventures de la Chèvres sont vraies, je serais alors facilement reconnu par un collègue passant par hasard par ici, ce qui est contradictoire avec ce que l’on a déduit de la dernière phrase, ce qui permet donc d’en conclure que toute cette partie est certainement fausse(12).
Oui, mais voilà, relisez bien le début de la conclusion : n’est-ce pas ce que je viens de dire ? Or n’est-ce pas censé être faux ? Serait-ce un paradoxe à la Épiménide, le Crétois ayant dit que tous les Crétois sont des menteurs ?
Non, point de paradoxe ici, ça m’amuserait certes beaucoup mais ce serait tricher en contrevenant à mes propres règles.
Si paradoxe il y a, ça découle de la supposition que je ferai tout pour ne pas être reconnu le cas échéant…
Ne voyez-vous pas où je veux en venir ?
Eh si : tout en respectant mes règles, j’ai atteint la limite de ce qui m’était permis, en plaçant le point de transition le plus loin possible, c’est-à-dire juste avant la dernière phrase — neko, excédée à juste titre par ma lenteur, ayant d’ailleurs déjà donné la réponse :p .
À part ma volonté de démissionner, tout le reste est pure réalité, pure vérité(13) !
Mon amie la Chèvre — Milie de son pseudo habituel — a vraiment vécu, pour autant que j’aie pu en juger par moi-même, tous ces déboires réels, et bien plus encore, de quoi écrire un bouquin… lequel existe et s’appelle « dossier pour l’Inspection du travail ».
Les copinages, les coucheries, les beuveries — ah zut, non, j’ai oublié d’en parler —, les saloperies du coin administratif, tout a eu lieu, et il n’y a pas de raison que ça change de si tôt.
Heureusement, pour Milie, le calvaire est fini : elle a posé sa démission, puis on l’a priée le midi suivant de faire dès le soir même son préavis chez elle (de peur qu’elle salope les dossiers sur lesquelles elle serait ?), elle commence son nouveau job en septembre… en espérant qu’elle ne retombe pas dans un nouveau panier de crabes du même genre, ce qui est malheureusement tout à fait possible…
Quant à moi, bien qu’ayant été outré par ce qui s’est passé — ma précédente news fut un bon exutoire, sous couvert immédiat d’une prétendue blague pour faire passer ce qui aurait été sinon plus difficile à faire passer —, mon boulot en lui-même continue à me plaire, et tant que l’administratif ne vient pas, comme on dit, me « chier dans les bottes », je n’ai aucune raison d’entrer en guerre ouverte avec eux.

(11) Au passage, j’ai très légèrement édité la news, remplaçant « Big Boss » par « Dieu le Père », terme décrivant mieux les choses.
(12) C’est d’ailleurs pour vous permettre ce genre de propagation, du style « si c’est une fiction ici, alors c’est certainement une fiction là aussi », que je m’impose une première phrase sur un événement réel et une dernière phrase sur un événement fictif.
(13) Pfff, c’est bien la peine d’avoir pondu un pavé sur la différence entre réalité et vérité si c’est pour finalement les utiliser conjointement #roll#


Pour conclure sur un « décidément, ma boîte est formidable ! », j’ajouterai en bonus spécial quelques mots sur notre nouveau directeur financier, arrivé vers le 1er avril et devenu de fait le boss intérimaire de Milie — et qui, malgré un début prometteur, a très vite fini par lui en foutre lui aussi plein la gueule pour pas un rond.
Ce nouvel arrivant a travaillé très longtemps comme chef comptable dans la branche française d’un très grand éditeur américain de logiciels qui vend des systèmes d’exploitation et des suites bureautiques (je vous laisse deviner lequel ;) ), mais là n’est pas le problème.
Après rapide recherche à son nom (merci Google !), une histoire croustillante fut dénichée : il y a 15 ans, tout en étant toujours chez cet éditeur, il était également l’unique employé d’une société écran qui, à force d’insistance et de persuasion (financière ?), a réussi à acheter auprès d’un revendeur une version OEM « nue » de ladite suite bureautique alors que c’est interdit (une version OEM doit forcément être vendue avec une machine), afin que la maison-mère puisse ensuite attaquer en justice le revendeur délibérément poussé dans ce piège que n’aurait pas renié le FBI.
Ça ne m’étonne donc pas du tout qu’il se soit si vite senti chez lui en arrivant dans ma boîte : les arnaques et les magouilles, c’est son rayon !







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