Vendredi 06 Aout 2010
Éclair noir vs. Étoile rouge
« Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de "liberté", réelle et véritable. » (Lénine)
…
« Tu sais que Poutine en avait une ? » - L’éclair noir commence fort. Oui, je suis allé voir ce film. Cette daube, même, on peut le dire. (Merci la carte illimitée)
Nous étions une dizaine de courageux à être allé voir ce film, dans une salle de 400 places. Il s’agit là d’un film de super héros (plus ou moins) et pourtant on s’y ennuie du début à la fin. C’est lent, prévisible, bourré de clichés, pas très fin, en un mot : chiant.
C'est parti pour un descriptif un peu plus détaillé… (attention, spoilers)
Dmitri, étudiant un peu loser sur les bords, pas d’argent, vit encore chez ses parents et porte des pulls en laine tricotés par sa maman. Son meilleur pote, Maxim, est évidemment pété de tunes, conduit une mercedes et mange des Mentos accoudé sur celle-ci. Du coup Nastia, la petite nouvelle qui vient de province, c’est lui quise la tape l’accompagne dans la rue en lui tenant la main. (oui, chez les Russes, on est prude)
Tout va changer le jour où Dmitri recevra comme cadeau d’anniversaire une Volga GAZ-21 de la part de son papa chéri. Une Volga GAZ-21 c’est un peu la citroën DS, version soviétique. La méga classe, mais pas pour un étudiant qui rêve de Mercos blanche et de Nastia sur le siège passager.
Une chose en entraînant une autre, le gars va se retrouver au volant d’une voiture volante surpuissante, qui peut décoller grâce à une technologie soviétique de pointe.
88 miles par heure
Quand son père meurt, il décide de le venger … (ça rappelle étrangement Spiderman).
Pour se faire plein de nouveaux amis, le pilote en herbe se crée un compte sur les réseaux sociaux … (un peu comme dans Kick-Ass).
Une voiture noire avec un gros réacteur à l’arrière et des ailes sur les côtés … (pas loin de Batman).
Nous nous trouvons donc devant un parfait film américain, qui plus est, avec des pubs subtilement insérées tous les deux plans. Tout ceci est tellement gros qu’on se dit forcément « oh non, ils n’ont quand même pas osé ?! ». Pourtant, tout y est. Ça en devient presque drôle.
Sauf que…
Dans cette lutte manichéenne, on arrive très rapidement aux associations suivantes :
- mal = individualisme = richesses = Mercedes
- bien = bonnes vieilles valeurs soviétiques = partage/entraide = Volga
Ces connections sont clairement visibles dans les personnages du père, qui incarne le courage, l’entraide, la sympathie contre celui du scientifique véreux, qui prône le « aide toi toi-même », l’accumulation de richesses, la société d’aujourd’hui. Le père achète la Volga, le scientifique possède une Mercedes. Et le pauvre Dmitri, au milieu de tout ça, ne sait que choisir.
Le décor est posé. Dans le genre subtilités idéologiques, on a droit à deux plans sur les étoiles rouges du Kremlin, devant lesquelles la Volga volante descend doucement (accompagnée par un ensemble de cuivres rappelant étrangement ceux des choeurs de l'Armée Rouge), ou encore à un plan serré sur le « duel » des deux capots de voiture – le cerf de la Volga luttant contre l’étoile de la Mercedes.
Go, Soviet reindeer, go !
Finalement, cette utilisation de tous les clichés du cinéma américain n’est-elle pas volontaire ? Fort probable. Ce qui est dommage c’est que, comme annoncé au début de l’article et contrairement aux films américains du genre, c’est trop poussif.
Mais pourquoi donc Universal Pictures s’est embarqué là-dedans ? Telle est la question…
BONUS
Jetez un coup d'oeil à la BO, avec notamment "Мне нужны деньги" ("j'ai besoin d'argent") ou encore celle-là dont le clip résume tout le film en deux minutes.
Et mention spéciale au personnage "What The Fuck" du film : un ivrogne alcoolique, presque clochard, qui décide, après avoir vu la Volga volante, d'arrêter la boisson et de se mettre au jogging ... normal. Wait, what ?
…
« Tu sais que Poutine en avait une ? » - L’éclair noir commence fort. Oui, je suis allé voir ce film. Cette daube, même, on peut le dire. (Merci la carte illimitée)
Nous étions une dizaine de courageux à être allé voir ce film, dans une salle de 400 places. Il s’agit là d’un film de super héros (plus ou moins) et pourtant on s’y ennuie du début à la fin. C’est lent, prévisible, bourré de clichés, pas très fin, en un mot : chiant.
C'est parti pour un descriptif un peu plus détaillé… (attention, spoilers)
Dmitri, étudiant un peu loser sur les bords, pas d’argent, vit encore chez ses parents et porte des pulls en laine tricotés par sa maman. Son meilleur pote, Maxim, est évidemment pété de tunes, conduit une mercedes et mange des Mentos accoudé sur celle-ci. Du coup Nastia, la petite nouvelle qui vient de province, c’est lui qui
Tout va changer le jour où Dmitri recevra comme cadeau d’anniversaire une Volga GAZ-21 de la part de son papa chéri. Une Volga GAZ-21 c’est un peu la citroën DS, version soviétique. La méga classe, mais pas pour un étudiant qui rêve de Mercos blanche et de Nastia sur le siège passager.
Une chose en entraînant une autre, le gars va se retrouver au volant d’une voiture volante surpuissante, qui peut décoller grâce à une technologie soviétique de pointe.
88 miles par heure
Quand son père meurt, il décide de le venger … (ça rappelle étrangement Spiderman).
Pour se faire plein de nouveaux amis, le pilote en herbe se crée un compte sur les réseaux sociaux … (un peu comme dans Kick-Ass).
Une voiture noire avec un gros réacteur à l’arrière et des ailes sur les côtés … (pas loin de Batman).
Nous nous trouvons donc devant un parfait film américain, qui plus est, avec des pubs subtilement insérées tous les deux plans. Tout ceci est tellement gros qu’on se dit forcément « oh non, ils n’ont quand même pas osé ?! ». Pourtant, tout y est. Ça en devient presque drôle.
Dans cette lutte manichéenne, on arrive très rapidement aux associations suivantes :
- mal = individualisme = richesses = Mercedes
- bien = bonnes vieilles valeurs soviétiques = partage/entraide = Volga
Ces connections sont clairement visibles dans les personnages du père, qui incarne le courage, l’entraide, la sympathie contre celui du scientifique véreux, qui prône le « aide toi toi-même », l’accumulation de richesses, la société d’aujourd’hui. Le père achète la Volga, le scientifique possède une Mercedes. Et le pauvre Dmitri, au milieu de tout ça, ne sait que choisir.
Le décor est posé. Dans le genre subtilités idéologiques, on a droit à deux plans sur les étoiles rouges du Kremlin, devant lesquelles la Volga volante descend doucement (accompagnée par un ensemble de cuivres rappelant étrangement ceux des choeurs de l'Armée Rouge), ou encore à un plan serré sur le « duel » des deux capots de voiture – le cerf de la Volga luttant contre l’étoile de la Mercedes.
Go, Soviet reindeer, go !
Finalement, cette utilisation de tous les clichés du cinéma américain n’est-elle pas volontaire ? Fort probable. Ce qui est dommage c’est que, comme annoncé au début de l’article et contrairement aux films américains du genre, c’est trop poussif.
Mais pourquoi donc Universal Pictures s’est embarqué là-dedans ? Telle est la question…
BONUS
Jetez un coup d'oeil à la BO, avec notamment "Мне нужны деньги" ("j'ai besoin d'argent") ou encore celle-là dont le clip résume tout le film en deux minutes.
Et mention spéciale au personnage "What The Fuck" du film : un ivrogne alcoolique, presque clochard, qui décide, après avoir vu la Volga volante, d'arrêter la boisson et de se mettre au jogging ... normal. Wait, what ?

Moi ça me plaît, même manichéen et cliché, car c'est pas si souvent qu'on a du cinéma Russe outre-Rhin.