Pour moi, il est quasi-certain que leurs investisseurs ont dû leur dire quelque chose comme "vous êtes bien gentils avec votre open-source, mais ça nous a fait perdre plein de fric. Soit vous réglez ce problème une fois pour toutes, soit on reprend nos fonds (autrement dit, la boîte coule).". Du coup, panique et serrage de vis tous azimuts.
Les modèles NumWorks restent très majoritairement implantés en France, quand même. Et un des principaux investisseurs historiques est (semi- ?)public français (BPI, il me semble).
Comme cause racine, je mettrais davantage ça sur le compte de ceux qui commettent les réglementations d'examen que sur une pression directe d'investisseurs. Mais le résultat est le même.
Qu'il y ait eu pression des investisseurs ou pas, on peut difficilement ne pas remarquer que NumWorks implémente des règles auxquelles les autres fabricants ne sont pas soumis, ou en tout cas, ne l'étaient pas jusqu'à présent. Une interprétation excessivement charitable serait que NumWorks veut emmerder les autres fabricants, en indiquant aux faiseurs d'examen que les autres modèles ne sont pas sécurisés (*), et fossoyer la calculatrice graphique, dont l'intérêt a toujours résidé dans l'ouverture. Une autre interprétation serait qu'ils ont toujours voulu que ça se termine ainsi et qu'ils ont profité quelques temps de la réputation d'ouverture de leurs machines... réputation qui est définitivement terminée, d'autant que la réputation négative est beaucoup plus persistante que la réputation positive.
La façon de faire - mauvaise communication de la part de NumWorks, mauvais timing, et fourniture à très grands frais de développement d'une solution peu utilisable alors que des alternatives intelligentes existent - est pourtant de nature à augmenter les risques que des choses réellement néfastes pour le business model soient publiées. Que des faiseurs d'examen exigent des choses de ce genre serait regrettable, mais bon, on a l'habitude que ceux-là ne brillent pas par leur compétence. En revanche, si ce sont des investisseurs qui ont exigé ça pour
tenter de regagner la confiance des faiseurs d'examen, et que NumWorks n'a pas essayé de faire passer le message ou pas réussi, alors leur incompétence leur fait prendre un gros risque de retour de flamme spectaculaire. L'expérience - involontaire ! - passée a clairement montré quand publier les choses qui embêtent les fabricants: peu avant les principaux examens de l'hémisphère nord. L'information arrivera aux oreilles des faiseurs d'examens encore plus facilement maintenant qu'il y a 10 ans.
*: les faiseurs d'examens sont trop cons pour comprendre qu'il n'y a pas de solution pour sécuriser des équipements auxquels les utilisateurs ont un accès physique non restreint. De toute façon, sur le marché, il n'y a qu'un modèle réellement verrouillable, à défaut d'être verrouillé pour l'instant: la Prime G2, seule machine à disposer d'un secure boot et d'un processeur convenables. Un modèle rare et cher, d'assez loin le plus puissant du marché, dont le fabricant a en pratique abandonné le développement, puisque les deux personnes qui travaillaient dessus ne le font plus qu'à temps très partiel. HP avait tout pour proposer une super implémentation de Python, ils ont été les derniers à le faire.