Tiens tu connais assez bien en fait. Oui il y a sans doute une partie de ce que tu dis.
Je mets un peu de distance ou de nuance à "la Yamato Nadeshiko, un fantasme phallocrate d'une femme docile, soumise et domestique", disons que la société était construite pour donner beaucoup d'importance aux mères. C'est vraiment un rôle, ou devrais-je dire un "métier", qui maintenant encore, est très respecté et qui représente un peu la réussite ultime pour une femme.
Je ne sais pas si c'est une si mauvaise chose, en particulier si on compare avec les cultures dans l'Ouest, où depuis les années 50 on a fait un vrai travail de destruction du statut de mère (en particulier au foyer, comme quoi c'est dégradant, ingrat, c'est appartenir à son mari, etc.) On veut mesurer tout le monde sur une échelle unique, celle de l'argent que tu gagnes. Renforçant la lutte des classes, et leur importance. Mais c'est quelque chose qui a peu de sens selon moi, déjà parce que l'argent c'est offre vs demande (donc ta 'valeur' peut doubler juste parce qu'il y a 2x moins de gens qui veulent faire ton boulot, alors que t'as rien changé), et ceux qui en gagnent le plus sont des investisseurs ; à comparer, dans leur utilité à la société, disons, aux médecins.
Mais aussi parce que du coup le statut ultime, celui auquel on doit aspirer pour se sentir bien c'est le statut de CEO. Et en toute objectivité si tu réfléchis auquel des statut est plus utile pour la société, entre bonne mère et CEO, perso j'aurais de la peine à choisir le CEO. Il faut considérer qu'on reste humains, et c'est ça qui est vraiment important (notamment l'éducation, l'amour, l'attention…). Et l'argent ne peut pas vraiment acheter les gens, ça ne fonctionne qu'en apparence dans des couples bien médiatisés ou lorsque les deux êtres sont dans un désespoir impalpable. Moi j'y vois plus du danger, et plus une destruction des valeurs habituelles pour renforcer l'importance et le pouvoir des gens qui sont bien placés dans la lutte pour la richesse. Comme je dis toujours les activistes se battent pour montrer qu'il existerait un "gender pay gap", de peut être 5%, mais ne considèrent pas que juste en fonction de si tu es né riche ou pauvre, ton salaire et ton poste dans le futur, indépendamment de ton genre, peut varier de milliers de fois.
The_CUrE (./13051) :
que la pression sociale et formelle immense terrifie de plus en plus les "jeunes" (y a qu'à voir le cas des hikikomori et le taux de suicide terrifiant pendant longtemps) et que les hommes se sentent perdus dans un monde où la promesse d'un emploi stable à vie (en échange tu appartiens à ton entreprise) a disparu face à une vie de freeter (quelqu'un qui multiplie les jobs à mi-temps)/NEET qui semble la perspective la plus "garantie" aujourd'hui, à force les "jeunes" hommes baissent les bras parce que le monde réel leur fait peur.
D'accord pour la pression sociale, c'est quelque chose que je peine encore maintenant à jauger. C'est difficile à comprendre quand tu n'as pas toi-même subi la violence des punitions que la société peut t'infliger. Mais vu la réaction, et en triangulant avec les traumas
dus à ma propre expérience (et 3 autres non documentées sur yN), je suspecte qu'elle est très forte. Les femmes entre elles en particulier, sont terrifiantes de violence, et la plupart de ces violences ne sortent jamais de la "bulle", peut être car ça ferait du mal à la fausse réputation des femmes comme soit-disant plus pures, moralement supérieures.
The_CUrE (./13051) :
Sans compter que la culture des catherinettes (les filles pas mariées à 25 ans) est toujours très prégnante en Asie et bien plus violente qu'en Europe -elles se font encore houspiller par la famille et sont considérées comme périmées.
Hommes aussi pour info, pour avoir qqes sources proches sur le sujet. Je ne sais pas comment ça se compare, mais c'est très fort en tous cas.
The_CUrE (./13051) :
Donc refuser le sexe comme le mariage, dans une culture ou c'est pas encore très bien vu que la fille t'aborde (enfin dans les classes supérieures) et où les mecs sont complètement empêchés, c'est une façon d'exister dans une société qui ne te voit trop souvent encore que comme une potiche.
Je ne vois pas trop ton raisonnement là. Pourquoi on existerait dans l'absence ?
The_CUrE (./13051) :
Tomber dans le discours "c'est la faute au féminisme" c'est bien confortable mais le problème économique et social n'a rien à voir, quand une société n'offre aucun avenir et que la socialisation est entièrement liée à des formalités instrumentales, forcément...
Ça je suis d'accord, c'est pour ça que je disais que c'est inspirant de voir une autre société.